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C’est par Divo, chef-lieu du département que s’est achevée la tournée du président par intérim, le Pr Abou Drahamane Sangaré. A cette étape, le Front populaire ivoirien (FPI) de Laurent Gbagbo a bénéficié d’un soutien de taille. Le président par intérim du parti de Gbagbo a été rejoint par le Pr Georges-Armand Ouégnin, président de « Ensemble pour la Démocratie et la souveraineté (EDS), plateforme de Laurent Gbagbo. L’appel croisé des deux géants en faveur de la libération des prisonniers politiques sonne comme un plus dans le combat qui s’annonce pour le retour de Laurent Gbagbo.
« Tchoco tchoco, Laurent Gbagbo va revenir ». A Divo, dernière étape de sa tournée politique dans le Lôh-Djiboua, Le président par intérim du Front populaire ivoirien (FPI) a pris « l’engagement » d’œuvrer à la libération du président Laurent Gbagbo. Le frère jumeau « livré à la Cpi » insiste-il « reviendra en habit de lumière ». C’est devant témoin, « le peuple de cohabitation », mais aussi avec le sérieux que commande la situation, « On ne peut pas jouer avec la libération de Laurent Gbagbo » que le président par intérim du Fpi fait le pari. En demandant au peuple politique de lui faire confiance. Ce 18 novembre 2017, le jumeau de Laurent Gbagbo n’était pas seul à engager la lutte pour la libération de l’un des plus grands prisonniers du monde. Georges-Armand Ouégnin, le président de la plateforme inspirée par Laurent Gbagbo était sur le même podium. Pour crier haut et fort que « Sans la libération de Laurent Gbagbo, il n’y aura pas de réconciliation », pour soutenir que la libération de l’inspirateur de Eds est une exigence. Dans cet élan d’engagement, il a lancé un appel aux tenants du pouvoir « un appel véritable à agir maintenant et de manière concrète en faveur d’une paix véritable et une réconciliation ». Une occasion donc, un appel croisé et un objectif ciblé à atteindre : la libération de Laurent Gbagbo et tous les prisonniers et le retour sécurisé des exilés politiques. L’engagement personnel en faveur de la paix et la réconciliation des deux pro-Gbagbo donne une tournure sérieuse au combat pour la libération de leur référent politique. Comme le soutient un politologue « La libération du président Laurent Gbagbo qui était initialement une question de bon sens, une question de logique devient une question d’honneur » qui engage les deux personnalités en tête respectivement du parti et de la plateforme.
D’une question de logique à une question d’honneur
Le Front populaire ivoirien et ses dirigeants l’ont toujours dit, la procédure de la Cpi contre Laurent Gbagbo est la conséquence d’un complot international. En principe, au regard des pièces du puzzle, le Fpi a raison de crier depuis toujours, au complot contre son président et le président de la République d’alors. Les médias occidentaux viennent lui donner raison. Médiapart soutient qu’il était programmé de longue date (depuis 2003) que Laurent Gbagbo soit déféré à la Cpi. Et que cette déportation n’a pas de base juridique dans la mesure où la Côte d’Ivoire n’est pas « partie au traîté de Rome. Et ce message d’Occampo donc dans lequel il demande de neutraliser Laurent Gbagbo ! Tout est complot et la manœuvre n’est pas intelligente. Elle est d’autant grotesque que l’audience de confirmation confirme les charges en attendant d’avoir les preuves pour poursuivre Laurent Gbagbo. D’ailleurs le procès éclaboussé par des scènes déshonorantes continue alors que, ce qu’on peut considérer comme des débris de preuves s’effondrent, et que les témoins à charge sont tous devenus hostiles. Bref, avec ce que le Fpi disait depuis toujours et que Médiapart révèle aujourd’hui, en principe, la libération de Laurent Gbagbo va de soi, relève du bon sens et surtout de la logique. Mais ironie de sort, le président élu des ivoiriens est toujours détenu en otage à la Cpi. Et avec l’engagement croisé de son jumeau et de son ancien ministre, la libération de Laurent Gbagbo est davantage une question de responsabilité, de devoir et d’honneur. Autant le président par intérim engage le Fpi, le parti de Laurent Gbagbo, autant celui qu’Abou Drahamane Sangaré appelle la force tranquille engage la plateforme que Laurent Gbagbo lui a inspirée et confiée. Cependant le rendez-vous que les deux personnalités prennent devant l’histoire, ils le prennent pour leur organisation respective, pour les sympathisants et au-delà, pour tous ceux qui en Côte d’Ivoire comme en Afrique se reconnaissent dans le combat de Laurent Gbagbo. Question d’honneur pour la Côte d’Ivoire et pour l’Afrique donc. La motivation est la même et elle est simple pour tous, il est de la responsabilité historique pour chacun de ne pas laisser Laurent Gbagbo moisir en prison alors qu’il est innocent. Donc les engagements croisés pris devant le peuple de Lôh-Djiboa engagent tout le monde.

Ayoualou Ziza3